Le captagon, la drogue dure du djihadisme en Syrie

  26 Mai 2015
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Le captagon, la drogue dure du djihadisme en Syrie

Une pilule qui permet de combattre sans douleur et sans pitié, tels sont les effets du captagon, la drogue qui fait fureur dans les rangs des combattants djihadistes en Syrie. Au-delà, le trafic de captagon alimente aussi une économie de guerre.

C'est une toute petite pilule blanche, anodine en apparence. Pourtant elle est une part importante de la guerre qui se joue actuellement en Syrie.

Le captagon, aussi connu sous le nom scientifique de Fénétylline chlorhydrate, est un psychostimulant puissant de la famille des amphétamines. Elle est tout simplement devenue la drogue quotidienne des combattants djihadistes.

Rien de très religieux donc dans cette substance créée à l'origine pour soigner les troubles de la concentration et la narcolepsie. Le captagon est interdit dans la plupart des pays, y compris en France, où il est classé comme produit stupéfiant.

La crise syrienne, une guerre sous psychotropes

Mêlé à d’autres drogues, comme du haschich, le captagon est devenu le régime de base des djihadistes sur le front syrien, selon une enquête du Time

Ses effets ? Rien de moins qu'une annihilation totale de la peur, de la douleur, de la faim et de la fatigue mais également de toute empathie. Autre effet avidement recherché par les membres d'Al-Nosra, les soldats de l’Armée syrienne libre (ASL) ou encore par ceux de Daesh : une euphorie intense et des vertus aphrodisiaques et hallucinogènes décuplées. 

Ces soldats hallucinés en deviennent insensibles à toute violence, celle qu'ils infligent comme celles qui leur est infligée. Ainsi les analyses de la bande son des vidéos de Djihadi John, du nom de ce combattant britannique chargé d’exécuter les otages, indiquent qu'il avait agi sous l’effet d'amphétamines. Des témoignages de combattants kurdes recueillis par le Time font aussi état de djihadistes qui ne finissent par succomber qu'au bout de cinq ou six balles pourtant toutes supposées mortelles. 

Mais cette drogue n'est pas consommée que par les seuls combattants. Les civils syriens, touchés de plein fouet par la guerre, par ses conséquences psychologiques et économiques, y ont également recours.

Le trafic de drogue, l'autre nerf de la guerre

Le trafic de captagon tient également une place non négligeable dans le financement de la guerre en Syrie, selon le dernier rapport de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Daprès l'organisme onusien, en 2014, plus de 50 millions de pilules auraient été vendues. Ce business très lucratif rapporte, selon ses estimations, 10 à 20 millions de dollars.

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  • Beno

    Whoa qu’ils sont beaux ces p’tits cachetons, beaux comme seule l’industrie pharmaceutique sait les produire…
    «Mêlé à d’autres drogues, comme du haschich» […]
    «Ses effets ? Rien de moins qu’».
    Voilà encore de quoi en mettre plein sur le dos du cannabis alors qu’il n’a rien demandé à personne.
    Toujours cette industrie pharmaceutique, obsédée de l’isolation des molécules, qui passe son temps à diaboliser le cannabis alors que le THC n’a pas l’effets néfastes quand il est absorbé avec le CBD présent dans la plante.