C’est quoi le mouvement « transracial », qui revendique le droit de changer de couleur de peau ?

  27 Novembre 2017
  5352 vues
0 commentaire">   0 commentaire
C’est quoi le mouvement « transracial », qui revendique le droit de changer de couleur de peau ?

Adam Wheeler est né homme, blanc et américain, or ce n’est pas du tout comme cela qu’il se voit. D’ailleurs, il a révélé à ses parents qu’il était transsexuel et qu'il voulait changer de sexe. Mais il leur cache encore une chose : Adam, qui souhaite désormais qu’on l’appelle Ja Du, va plus loin dans son désir de transformation.

Comme il l'a expliqué à la chaîne WTSP mi-novembre, Ja Du se définit comme "transracial" : il estime que sa couleur de peau n’est pas la bonne et souhaite en changer. Pour lui, il n’est pas blanc mais d’origine philippine. Ce phénomène, très marginal mais qui trouve un écho, en particulier sur les réseaux sociaux, suscite de nombreuses réactions. Décryptage.

D'où vient le mot "transracial" ?

Jusqu’en 2015, le terme anglo-saxon "transracial" était employé pour parler des enfants adoptés par des parents d'ethnies ou de cultures différentes des leurs. Mais depuis l’affaire Rachel Dolezal, ce mot a pris une tout autre signification.

Cette fervente militante des droits des Noirs a été dénoncée par ses parents biologiques, qui ont révélé qu’elle était blanche (de type caucasien) et non noire comme elle le prétendait depuis une dizaine d’années. Alors présidente d’un bureau régional de la NAACP (Association nationale pour la promotion des gens de couleur), Rachel Dolezal, qui arbore des cheveux frisés et une peau très mate, s’est défendue en affirmant se sentir noire depuis toute petite et revendiquer le droit de se considérer comme telle. Comme le rappelle le New York Magazine, elle se targuait (avant de se rétracter) d’être la première personne identifiée comme "transraciale".

Est-ce un phénomène répandu ?

Quelques mois plus tard, Ja Du crée Transracer, un groupe Facebook destiné à "sensibiliser au transracialisme". Avec un Oreo comme photo de profil ("sa symbolique nous parle", explique-t-il sur le compte), Transracer est aujourd’hui suivi par un peu plus de 250 personnes. Un chiffre à la hauteur de cet épiphénomène dont on trouve d’autres traces sur Facebook (comme ici) ou sur YouTube, où quelques personnes se filment en revendiquant leur souhait d’être considérées comme "transraciales" (sans qu'on sache si elles sont sérieuses).

Lire la suite de l'article sur France TV info

Sources :